dribbler prend deux " b " et
ça paraît logique quand on pense qu'il vaut
mieux avoir deux jambes pour le faire mais là où
ça devient surprenant
c'est quand on constate qu'apporter prend deux " p " (or ne dit-on
pas
" apporte! " à un chien auquel on vient de lancer la baballe),
corriger
deux " r " (et quand une équipe en écrase une autre on
dit bien qu'elle
lui a infligé une " sévère correction "),
attraper deux " t " (comme dans
" attraper froid ", risque que tout joueur court après une
rencontre
disputée dans des conditions atmosphériques
difficiles), Trappes
deux " p " (et la banlieue n'est pas le dernier endroit où
l'on joue
au football), Wellington deux " l " (et c'est peut-être pousser
un
peu loin le bouchon mais si au lieu d'une bataille classique avec
canons charges de cavalerie et tout ce qui s'ensuit
Napoléon
(qui ne prend qu'un " l " mais dont l'armée en comptait deux
d'ailes)
et le généralissime anglais l'avaient jouée
à la régulière, onze contre
onze grognards contre grognards sur un terrain bien plat (il
eût fallu
virer la butte ou déplacer la rencontre) il n'est pas à
exclure que la
face du monde en eût été changée), Bagdad
deux " a " (bon d'accord
ils ne se suivent pas et ça n'a rien à voir, mais c'est
curieux quand même),
pollution deux " l " (comme dans " ce salaud d'arbitre a
pollué le match "),
terrassé deux " r " et deux " s " (comme - et là ce
n'est plus drôle du tout:
" le joueur camerounais Marc-Vivien Foé a été
terrassé par une crise
cardiaque en pleine partie "), Zzidane deux " z " (on n'écrit
jamais le
deuxième car ça ne change rien à la
prononciation), Afflelou deux
" f " (comme dans " cette crapule d'arbitre est carrément
miro: va donc
chez Afflelou eh connard! "), corruption deux " r " (et, si ma
mémoire
est bonne, il fut un temps où une affaire vint au jour mettant
en scène
- avant qu'il n'y monte pour de bon - un certain Bernard Tapie
et dans laquelle cet horrible mot - corruption - fut plus d'une
fois
prononcé quoique Bernard jurât ses grands dieux que
c'était une
cabale, un complot, un nuage de fumée pour cacher d'autres
faits
eux autrement plus graves), commission deux " m " et deux " s "
(comme " commission technique "), frottement deux " t " (" ce
soir
c'est OM-PSG: va y avoir du frottement "), lobber deux " b " (" il
a
lobbé Barthez "), championnat deux " n " (" si on gagne pas
l'championnat
cette année, c'est à désespérer "),
buvette deux " t " (" une Jupiler Gaston,
avec des cacahuètes - et le match? - pas fameux - Edouard
jouait? - pas vu
- alors c'est qu'il jouait "), estampiller deux " l " (" si l'arbitre
continue,
m'en vais l'estampiller sérieux à la sortie "),
bicyclette deux " t " (il y a
des spécialistes, souvent des africains mais d'autres pas du
tout, comme
Papin dans le temps), affolantes deux " f " (comme, à en
croire certains
spectateurs majoritairement mâles les Pom-Pom Girls montant sur
la pelouse
à la mi-temps de certains matchs), Lettonie deux " t " (un
pays que personne
ne connaît mais qui possède cependant une équipe
pas du tout ridicule),
Andorre deux " r " (un pays que personne ne connaît mais qui
possède
cependant une équipe), billot deux " l " (comme " guillotine "
ou " zigouiller "
termes d'une rare violence mais qu'on entend pourtant, parfois,
près des pelouses),
supporters deux " p " (et sans supporters, qui irait voir les
matchs?), vedettes deux " t "
(comme Beckham, Ronaldo, Roberto Carlos, Raul, Figo, Zzidane), classe
deux " s "
(" un geste de classe mondiale "), arrêt deux " r " (" un
arrêt de toute beauté ") et
finalement football deux " o " et deux " l " ce qui prouve
définitivement que tous
les mots ayant un lien avec le football contiennent au moins une
consonne ou une
voyelle redoublée à moins que ce soit plutôt le
contraire ou à moins que je n'aie,
quelque part dans mon raisonnement, fait faute (qui ne prend,
curieusement, qu'un " t ")